Horizon Maths 2026 : Mathématiques et musique
L'édition 2026 d'Horizon Maths aura lieu les jeudi 9 et vendredi 10 avril 2026 de 9h à 18h dans l'Amphithéâtre Hermite de l'IHP (11 rue Pierre et Marie Curie, Paris 5e).
Organisée sous la houlette de Moreno Andreatta (CNRS, Université de Strasbourg), la conférence aura pour thème : Mathématiques et musique.
Elle bénéficie du parrainage de la ![]()
La FSMP remercie
pour la mise à disposition grâcieuse d'un piano numérique pendant la durée de la conférence.
Inscription
Vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire à la conférence Horizon Maths 2026 / Mathématiques et musique. L'inscription se fait exclusivement via le formulaire en ligne.
Intervenant·e·s
- Carlos Agon (STMS-IRCAM, Sorbonne Université)
- Emmanuel Amiot (Université Perpignan Via Domitia)
- Gérard Assayag (STMS-IRCAM, Sorbonne Université)
- Gilles Baroin (LLA-CRÉATIS Univ. de Toulouse)
- Louis Bigo (LaBRI, Université de Bordeaux)
- Isabelle Bloch (LIP6, Sorbonne Université)
- Olivia Caramello (Università de l’Insubrie)
- Alain Connes (IHéS, Collège de France)
- Ninon Devis Salvy (STMS-IRCAM, Sorbonne Université)
- Nina Gasking (MMI Lyon)
- Mathieu Giraud (CNRS, Université de Lille)
- Paul Lascabettes (IRMIA++, CREAA & SMIR, Univ. de Strasbourg)
- Florence Levé (MIS, Univ. de Picardie Jules Verne)
- Alexandre Popoff (IRMA & SMIR, Univ. de Strasbourg)
- Gonzalo Romero-Garcia (EPITA)
- Indre Viskontas (Creative Brain Lab, Univ. San Francisco)
Cliquez ici pour plus d'informations sur les intervenant·e·s.
Programme
Jeudi 9 avril 2026 – Quelques axes de recherche actifs en maths/musique
9h30-10h : Accueil, allocutions de bienvenue et introduction à la journée
10h00-10h30 : DFT et musique : une synergie singulièrement fructueuse, par Emmanuel Amiot (Université Perpignan Via Domitia)
10h30-11h : Morphologie mathématique et musique : application à la découverte automatique de motifs, par Isabelle Bloch (LIP6, Sorbonne Université)
11h-11h15 : Pause café
11h15-11h45 : Topologie et musique : Tonnetz généralisé et filtration de partitions appliqués à l’analyse du style, par Louis Bigo (LaBRI, université de Bordeaux)
11h45-12h15 : Théorie des mots et musique : une application à la combinatoire des rythmes et des mélodies, par Gonzalo Romero-Garcia (EPITA, Paris)
12h15-12h45 : Présentation de l'exposition VR & Mathémusique par Gilles Baroin (LLA-CREATIS, Université de Toulouse), mathémusicien et infographiste
12h45-14h30 : Pause déjeuner et possibilité de visiter l’exposition VR & Mathémusique
14h30-15h : Géométrie et musique : formalisation des rythmes musicaux, par Paul Lascabettes (IRMIA++/CREAA & SMIR, université de Strasbourg)
15h00-15h30 : Théorie des catégories et musique : les réseaux transformationnels musicaux, par Alexandre Popoff (IRMA & SMIR, université de Strasbourg)
15h30-15h45 : Pause café
15h45-16h15 : Musique et morphologie mathématique : outils informatiques pour la composition, par Carlos Agon (Sorbonne Université et STMS-IRCAM)
16h15-16h45 : Composer des possibles : instrumentalité numérique et modèles génératifs, par Ninon Devis Salvy (STMS-IRCAM/Sorbonne Université & Native Instruments)
17h00-18h00 : Atelier VR & Mathémusique, par Gilles Baroin (LLA-CREATIS, Université de Toulouse) – salle 05
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Vendredi 10 avril 2026
Matinée : visite de l'exposition VR & Mathémusique et présentation de quelques équipes de recherche en France travaillant sur les liens entre les mathématiques, la musique et l’informatique
9h00-10h30 : Continuation de l'exposition VR & Mathémusique (salle 05)
10h30-11h : Focus sur l’équipe Représentations musicales du laboratoire Sciences de la Technologie, de la Musique et du Son, par Gérard Assayag (STMS-IRCAM)
11h-11h30 : Focus sur l’équipe-projet SMIR (Structural Music Information Research) de l'IRMA, par Moreno Andreatta (CNRS IRMA & SMIR, université de Strasbourg)
11h-11h15 : Pause café
11h45-12h10 : Focus sur le SCRIME (Studio de Création et de Recherche en Informatique et Musiques Expérimentales) du LaBRI, par Louis Bigo (LaBRI, université de Bordeaux)
12h15-12h45 : Focus sur l’équipe AlgoMus du laboratoire CRIStAL de l’université de Lille, par Mathieu Giraud (CNRS, université de Lille)
12h45-14h30 : Pause déjeuner et possibilité de visiter l’exposition VR & Mathémusique jusqu’à 14h30
Après-midi : vulgarisation et transmission des savoirs « mathémusicaux »
14h30-15h00 : La vulgarisation scientifique au format vidéo : présentation de la chaîne YouTube « Mathémusique », par Paul Lascabettes (IRMIA++/CREAA/SMIR, université de Strasbourg)
15h00-15h30 : « En avant le MIZique ! », Semaine thématique Mathématiques, Informatique et Musique, par Florence Levé (université de Picardie Jules Verne, MIS)
15h30-15h45 : Pause café
15h45-16h15 : L’Exposition « Ca resonne » : voir le son autrement, par Nina Gasking (MMI Lyon)
16h15-17h45 : Table ronde conclusive autour de la créativité et co-créativité en mathématiques, informatique et musique, avec la participation de Gérard Assayag (STMS-Ircam/Sorbonne Université), Olivia Caramello (Università de l’Insubrie), Alain Connes (IHES et Collège de France) et Indre Viskontas (Creative Brain Lab, Université San Francisco). Modération : Moreno Andreatta.
Résumés des exposés
DFT et musique : une synergie singulièrement fructueuse, par Emmanuel Amiot (Université Perpignan Via Domitia)
La transformée de Fourier discrète (DFT) des structures musicales périodiques (gammes, rythmes) n’a pris son essor qu’assez récemment, avec la thèse de Ian Quinn montrant que certains coefficients de Fourier sont d’amplitude maximale pour des gammes « remarquables ». Si l’analyse de Fourier était déjà de rigueur pour les problèmes de pavage ou de décomposition du signal sonore, c’est dans le domaine discret que son étude systématique s’est avérée du plus grand intérêt, l’espace de Fourier apportant de façon directe des informations musicalement pertinentes. Notamment, la taille des coefficients de Fourier (complexes) contient toute l’information sur la forme géométrique d’une gamme ou d’un rythme, alors que leurs phases sont caractéristiques de la position de l’objet musical. Ce découplage précis permet de développer des analyses fines et significatives, parfois en résolvant accidentellement des problèmes jusqu’ici insolubles (ainsi on s’est aperçu par hasard que le tore des phases est un néo-Tonnetz qui peut inclure des accords de toute cardinalité, tout en prolongeant le Tonnetz classique). Ces dernières années, on a vu en conséquence une floraison d’articles utilisant les coefficients de Fourier pour l’analyse musicale, remplaçant avantageusement les analyses Schenkerienne ou néo-Riemanienne (sans parler de l’analyse musicale classique et ses chiffrages). On peut même prouver que cette transformée est essentiellement le seul isomorphisme d’algèbre à présenter ces avantages.
Morphologie mathématique et musique : application à la découverte automatique de motifs, par Isabelle Bloch (LIP6, Sorbonne Université)
La morphologie mathématique est une théorie développée depuis les années 1960 principalement dans le domaine du traitement et de l'analyse d'images. Nous présenterons ses fondements algébriques, ainsi que les opérations de base, permettant de filtrer des informations, analyser des formes, extraire des motifs en fonction de leurs propriétés. Nous montrerons que cette théorie est bien adaptée à la découverte automatique de motifs se répétant de manière exacte ou approximative dans une pièce de musique, à partir d'une représentation symbolique de celle-ci. Ces travaux sont réalisés en collaboration avec les laboratoires IRMA et STMS.
Topologie et musique : Tonnetz généralisé et filtration de partitions appliqués à l’analyse du style, par Louis Bigo (LaBRI, université de Bordeaux)
La théorie, l’analyse et la composition motivent depuis plusieurs siècles la représentation deshauteurs musicales sous la forme d'espaces symboliques offrant une visualisation intuitive de lalogique harmonique caractérisant un contenu musical. Parmi ces espaces de hauteurs, le« Tonnetz » et ses dérivés ont suscité de nombreux travaux. Nous décrivons une formalisationtopologique de ces espaces sous la forme de complexes simpliciaux, offrant des outils pourl'analyse et la transformation stylistique de séquences musicales. Inspiré du domaine del'homologie persistante, nous présentons également le principe de filtration de complexesmusicaux, ainsi que son utilisation pour comparer l'emploi de la tonalité dans un ensemblearbitraire de pièces musicales.
Théorie des mots et musique : une application à la combinatoire des rythmes et des mélodies, par Gonzalo Romero-Garcia (EPITA, Paris)
Est-il possible d’estimer combien de morceaux de musique différents pourraient exister ? Cet exposé propose d’aborder cette question à partir d’un point de vue combinatoire. Nous commencerons par compter combien de rythmes possibles il existe en fonction de leur longueur, puis combien de mélodies peuvent être construites à partir de ces structures rythmiques.
Pour cela, nous utiliserons le formalisme mathématique de la combinatoire des mots et de la théorie des langages formels. Nous montrerons comment les rythmes (puis, sous certaines simplifications, les mélodies) peuvent être décrits comme des langages rationnels et modélisés à l’aide d’automates finis.
Ce modèle permet alors d’appliquer des techniques classiques de dénombrement en combinatoire. On verra notamment apparaître, de manière naturelle, une suite de type Fibonacci. Enfin, nous raffinerons ce comptage en introduisant une équivalence musicale naturelle, la mise à l’échelle temporelle, et en utilisant la formule d’inversion de Möbius afin de les dénombrer.
Présentation de l'exposition VR & Mathémusique par Gilles Baroin (LLA-CREATIS, Université de Toulouse), mathémusicien et infographiste
Le MatheMusical Virtual Museum (MMVM) est une exposition interactive en réalité virtuelle qui rend accessibles les concepts mathémusicaux. Présenté pour la première fois au Museum of Design Atlanta (MODA) lors de MCM 2022, le musée rassemble une vingtaine de modèles géométriques : hypersphères pour les systèmes de hauteurs, représentations du Tonnetz, Cube Dance, hypercube harmonique, sphères de Fourier, spinnen‑Tonnetz, ainsi que des visualisations originales comme les Tipis (cercles de Newton multiples) et la méthode des quarks musicaux pour le suivi des voix. Ces modèles illustrent des concepts allant des gammes aux progressions harmoniques complexes.
L’installation est présentée dans de nombreuses universités, conservatoires et événements grand public. Les néophytes y découvrent des relations musicales fondamentales, les musiciens confirment leurs connaissances, et les chercheurs voient leurs modèles prendre vie et s’y immerger. L’approche par le geste et le regard permet d’explorer des structures mathématiques souvent jugées abstraites, offrant une expérience à la fois pédagogique et artistique.
Géométrie et musique : formalisation des rythmes musicaux, par Paul Lascabettes (IRMIA++/CREAA & SMIR, université de Strasbourg)
La représentation circulaire permet de créer des liens entre géométrie et musique. En particulier,puisque les rythmes musicaux sont généralement périodiques, c’est-à-dire qu’ils se répètent àl’identique dans le temps, ils peuvent être visualisés dans un cercle qui représente l’axetemporel. Les notes du rythme sont alors disposées le long de ce cercle et, en reliant les notesconsécutives, on obtient ainsi un polygone associé à un rythme musical. Dans cette présentation,nous montrons comment les propriétés géométriques et algébriques de ce polygone permettentd’analyser un rythme musical. Nous étudierons notamment certaines de ces propriétés telles quela répartition maximale des notes, l’équilibre d’un rythme, la parité, la symétrie, ainsi que lesnotions d’ouverture et de fermeture, et nous montrerons quels sont les rythmes engendrés parces différentes propriétés. D’un point de vue purement mathématique, certains problèmesrestent ouverts, et nous présenterons les problématiques sur lesquelles nous travaillonsactuellement. Enfin, d’un point de vue musical, nous montrerons quels sont les avantages decette représentation et comment cela permet d’obtenir un résultat musical qui aurait étébeaucoup plus dur à atteindre uniquement avec l’intuition.
Théorie des catégories et musique : les réseaux transformationnels musicaux, par Alexandre Popoff (IRMA & SMIR, université de Strasbourg)
Le travail présenté porte sur le développement de cadres mathématiques et computationnels pour formaliser les réseaux transformationnels musicaux, utilisant l’algèbre, la théorie des catégories et l’informatique. L'approche transformationnelle, introduite par David Lewin dans les années 80, met l’accent sur les relations entre objets musicaux plutôt que sur les propriétés intrinsèques de ces objets eux-mêmes. Dans cette perspective, des éléments musicaux tels que les classes de hauteur, les accords, les durées et les structures rythmiques ne sont pas analysés principalement comme des entités isolées, mais selon la manière dont ils se rapportent les uns aux autres via des transformations issues de structures algébriques telles que les groupes et les semi-groupes.
Les réseaux musicaux transformationnels, et les réseaux de Klumpenhouwer (K-Nets), sont des objets analytiques importants en théorie transformationnelle. Introduits à l’origine par Lewin, ces réseaux sont informellement décrits comme des graphes orientés dont les nœuds représentent des éléments musicaux et dont les flèches représentent des relations transformationnelles. Ces réseaux permettent aux analystes de visualiser et de comparer des structures partageant des schémas transformationnels communs, même lorsque leur matériau sonore semble très différent — un outil particulièrement puissant pour l’analyse de la musique post-tonale.
Nous cherchons ici à développer une formalisation catégorielle générale de tels réseaux. Cette construction diagrammatique, qui permet d’encoder à la fois les nœuds et les flèches sous-jacents, permet également de définir des morphismes formels entre réseaux. L'approche catégorielle permet aussi de nombreuses généralisations, notamment par changement de catégories. Ainsi, nous développons une extension relationnelle en considérant des diagrammes dans la catégorie Rel où les étiquettes des flèches peuvent capturer des relations binaires entre éléments musicaux plutôt que des fonctions strictes. Nous explorons également des cadres computationnels pour ces réseaux transformationnels et présentons des librairies pour représenter et manipuler ces constructions en Python.
Musique et morphologie mathématique : outils informatiques pour la composition, par Carlos Agon (Sorbonne Université et STMS-IRCAM)
Cette présentation illustre, à l’aide d’exemples sonores, une bibliothèque informatique basée sur la morphologie mathématique (MM). Après plusieurs années de recherche sur l’étude des opérateurs de la MM appliqués à la musique, nous estimons qu’il est désormais pertinent de développer des outils informatiques pour la création, l’analyse et l’enseignement de la musique fondés sur ces concepts. Notre objectif principal est de tester la pertinence de ces techniques dans le domaine musical. Cette bibliothèque constitue ainsi une initiative visant à rapprocher les idées théoriques de leur application pratique, en offrant aux musiciens un accès à des outils mathématiques avancés.
Composer des possibles : instrumentalité numérique et modèles génératifs, par Ninon Devis Salvy (STMS-IRCAM/Sorbonne Université & Native Instruments)
L’histoire de la musique est indissociable de ses instruments : chaque mutation technologique redéfinit non seulement les frontières du possible, mais aussi les formes mêmes de la pensée musicale. Avec l’émergence récente des modèles de deep learning appliqués à l’audio l’instrument ne produit plus simplement un son, il devient l’interface perceptive d’un modèle probabiliste capable de générer un espace de possibilités sonores.
Dans ce contexte, jouer d’un instrument revient de plus en plus à naviguer dans un espace latent appris. Nous détaillerons d'abord les défis de la synthèse audio neuronale en temps réel (latence, contrôle, intégration matérielle). Nous présenterons ensuite une méthode pour rendre ces espaces manipulables, ainsi qu’une incarnation dans un prototype de synthétiseur modulaire embarquant une IA générative pour la performance musicale.
Au-delà de ces aspects techniques, l’intégration de systèmes génératifs dans les instruments soulève des questions plusfondamentales sur la nature de la créativité. En mobilisant des théories de la créativité contemporaines (Boden, Amabile), nous montrerons que la véritable transformation introduite par l’IA n’est pas tant la génération automatique de musique que le déplacement de la création vers une forme de méta-créativité. L’artiste ne compose plus seulement l’œuvre : il conçoit et orchestre les conditions de sa génération, transformant l’IA en matériau instrumental plutôt qu’en substitut du geste créatif.
Focus sur l’équipe Représentations musicales du laboratoire Sciences de la Technologie, de la Musique et du Son, par Gérard Assayag (STMS-IRCAM)
Le projet REACH repose sur l’hypothèse selon laquelle la co-créativité dans les systèmescyber-humains résulte de l’émergence de comportements cohérents fondés sur des régimes nonlinéaires d'événements, de structures et de processus, conduisant à une riche co-évolution desformes musicales. Ce résultat découle de processus d'apprentissage croisé entre agentsimpliquant des boucles de rétroaction et des mécanismes de renforcement. Cette conception, quiconstitue une approche radicalement nouvelle de l’IA créative, a conduit au développementd’outils puissants pour l’interaction musicien-machine, tels que Somax2. Alliant l’écoute7
automatique, l’apprentissage automatique, la cognition musicale et la synthèse basée sur descorpus, ces systèmes réagissent de manière créative au jeu du musicien en direct et créent une« réalité mixte » sonore en s'intégrant au paysage sonore collectif. Ces processus cocréatifsrelèvent d’une « interaction symbolique », c’est à dire d’un niveau de rencontre entre lesstructures formelles mathémusicales et les déterminants acoustiques et cognitifs del’interaction. À partir de là, REACH trace les orientations futures de l’IA créative enpromouvant le concept d’« apprentissage de l’interaction » comme une extension du paradigmedominant de l’apprentissage de représentation (« representation learning ») en réfléchissant ànouveaux frais sur l’intrication entre action et information.
Focus sur l’équipe AlgoMus du laboratoire CRIStAL de l’université de Lille, par Mathieu Giraud (CNRS, université de Lille)
L’équipe Algomus, à Lille, se consacre à la modélisation, l’analyse et la génération co-créativede musique, en collaboration avec des musicien·nes, enseignant·es, artistes et entreprises. Elles’intéresse aux représentations et méthodes « haut-niveau », en particulier à partir de partitionsou d’autres contenus symboliques. Algomus développe la plateforme Dezrann (recherche etpédagogie pour l’analyse musicale) et poursuit des projets comme MICCDroP (co-créativitémusicale sur le long terme), Ur (génération procédurale co-créative) et Anima (méthodes etanalyses pour la micro-tonalité), ainsi que des partenariats pour des applications de pédagogiemusicale. L’équipe inclut résolument ses travaux dans une réflexion éthique et inclusive ainsiqu’au sein de la science ouverte.
Focus sur le SCRIME (Studio de Création et de Recherche en Informatique et Musiques Expérimentales) du LaBRI, par Louis Bigo (LaBRI, université de Bordeaux)
Le Studio de Création et Recherche en Informatique et Musiques Expérimentales de l’universitéde Bordeaux mène une activité de recherche scientifique ayant vocation à enrichir notre rapportà la musique dans ses différentes dimensions : écoute, performance, composition, analyse,apprentissage. Une part importante de nos travaux se situe dans le domaine de l’informatiquemusicale, notamment en lien avec l’intelligence artificielle. Nos recherches sont valorisées pardes projets art-science réunissant scientifiques et artistes, ainsi que par des actions de médiationet de pédagogie à destination de la communauté musicale et du grand public.
Focus sur l’équipe-projet SMIR (Structural Music Information Research) de l'IRMA, par Moreno Andreatta (CNRS IRMA & SMIR, université de Strasbourg)
L’équipe-projet SMIR est une équipe de recherche transversale hébergée par l’IRMA etaccueillant des chercheurs issus de différents domaines des mathématiques discrètes et del’informatique. Née initialement grâce au soutien de l’Institut d’études avancées de l’Universitéde Strasbourg, l’équipe-projet s’est spécialisée dans la recherche de l’information musicalestructurelle à travers des méthodes algébriques, topologiques et catégoriels. La présentationoffrira un aperçu de quelques axes de recherches actifs dans l’équipe en montrant les liens queces recherches tissent avec d’autres laboratoires français, en particulier le CREAA (Centre derecherche et ‘expérimentation sur l’acte artistique) de l’Université de Strasbourg, l’équipeReprésentations musicales du laboratoire STMS (Sciences et Technologies de la Musique et duSon) de Sorbonne Université et le LaBRI de l’Université de Bordeaux. On mentionneraégalement le rôle joué par l’équipe-projet dans la constitution d’un espace européen de larecherche « mathémusicale », grâce à des nombreuses collaborations institutionnelles etpartenariats dans le cadre de formations doctorales et programmes de recherche enmathématiques/musique.
La vulgarisation scientifique au format vidéo : présentation de la chaîne YouTube « Mathémusique », par Paul Lascabettes (IRMIA++/CREAA/SMIR, université de Strasbourg)
Depuis une dizaine d’années, les réseaux sociaux sont devenus un moyen incontournable pourla vulgarisation scientifique. Il existe de nombreuses façons d’utiliser ces plateformes pourdiffuser des contenus scientifiques. Nous présentons ici une action de vulgarisation menée surinternet, et en particulier sur YouTube, avec la chaîne Mathémusique. Cette chaîne se focalisesur des sujets liant mathématiques et musique et comptabilise aujourd’hui plus de 90 0009
abonnés avec plus de 3 millions de vues au total. Nous montrerons dans cette présentation quelsont été les enjeux et les stratégies adoptées pour mener cette action de vulgarisation. Nousaborderons également le modèle économique de la vulgarisation sur internet, ainsi que les aidespossibles pour financer ce type de projets. Nous présenterons notamment le projet « Géométriede la musique », qui a reçu un financement du CNC (Centre national du cinéma et de l’imageanimée) et qui comprend cinq vidéos longues, le développement de l’environnement interactifRhythm Circle, ainsi que l’enregistrement en studio de l’EP Rotation. Enfin, nous évoqueronsaussi les actions de vulgarisation présentes sur d’autres réseaux sociaux tels que TikTok ouInstagram, ainsi que les enjeux et le positionnement que les chercheurs peuvent adopter vis-à-vis de ces plateformes.
« En avant le MIZique ! », Semaine thématique Mathématiques, Informatique et Musique, par Florence Levé (université de Picardie Jules Verne, MIS)
Les liens entre mathématiques et musique sont connus depuis l’Antiquité, qu’il s’agisse desstructures, des rythmes ou de l’harmonie, le recours à des concepts et à des techniquesmathématiques est commun, que ce soit dans la musique savante ou celui de l’éducation et de ladiffusion. Plus récemment, le développement d’outils algorithmiques et informatiques a permisde faire des avancées importantes dans le traitement automatique des compositions musicales(analyse computationnelle des formes de musique) et l’impact du traitement du signal, qu’il soitanalogique ou numérique a été, et est toujours, considérable sur la production de nouveaux sonset leur traitement. Ces techniques et les technologies qui en sont issues ont à leur tour uneinfluence importante sur les créations musicales, sur les modes de compositions et les choix destextures sonores. Depuis 2020, les laboratoires MIS et LAMFA organisent tous les deux ans unerencontre autour des interactions entre informatique, mathématiques et musique intitulée : Enavant la Mizique ! Il s’agit d’une semaine thématique au cours de laquelle des spécialistes dudomaine (de l’INRIA, du CNRS ou de l’IRCAM) viennent donner des conférences à un publiccomposé de scientifiques, de mélomanes, étudiants ou confirmés, ainsi que des ateliers scolaires(classes CHAM) et des concerts-conférences.
L’Exposition « Ca resonne » : voir le son autrement, par Nina Gasking (MMI Lyon)
L’exposition Ça résonne, conçue par la Maison des Mathématiques et de l'Informatique, propose d’explorer les liens entre mathématiques, informatique et son. Elle s’appuie sur de nombreuses manipulations, à la fois physiques et numériques, invitant le public à expérimenter directement les concepts présentés.
L’exposition s’articule autour de plusieurs questions centrales : qu’est-ce qu’un son d’un point de vue mathématique ? Comment un ordinateur peut-il analyser et “comprendre” un son ? Et plus largement, qu’a permis la compréhension scientifique du son dans nos usages actuels ? Si le son est souvent associé à la physique, l’exposition met ici en avant le rôle essentiel des mathématiques et de l’informatique dans sa description, son traitement et sa transformation.
La musique, sans être le cœur du propos, occupe néanmoins une place spécifique à travers plusieurs dispositifs dédiés. La conférence propose ainsi un focus sur ces stands, en détaillant leurs choix de conception et leurs objectifs de médiation.
Enfin, ce temps d’échange ouvre une réflexion plus large : comment aborder les liens entre musique et mathématiques auprès d’un public adolescent ? Et surtout, est-il pertinent de mobiliser la musique comme porte d’entrée vers ces disciplines ?
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